Été
Bercée entre les rivières et les collines

Le Club Lions et les Lionettes de Quyon

par Maude-Emmanuelle Lambert
2016

 

Le mouvement Lions et le lionisme

Les Clubs Lions sont des organismes voués au service de la communauté ou ce qu’on appelle, des « clubs de service ». Il s’agit de la plus grande organisation de clubs philanthropiques au monde. Fondés aux États-Unis en 1917 par un homme d’affaires convaincu que les entreprises locales devaient redonner aux communautés qui les soutenaient et qui contribuaient à leur réussite, ces clubs se sont disséminés au Canada à partir des années 1920, puis à travers le monde après la Deuxième Guerre mondiale.

Les membres, des citoyens bénévoles qui partagent des valeurs communes et le souci de travailler ensemble afin d’améliorer la qualité de vie de leur communauté, se rencontrent sur une base régulière. Ils mènent diverses activités caritatives, éducatives et préventives, soit en les finançant eux-mêmes (par des campagnes de financement), soit en contribuant aux projets (monétairement ou en donnant de leur temps) mis de l’avant par d’autres associations poursuivant des buts similaires aux leurs. Bien entendu, le Club Lions et par extension, les Lionettes sont le lieu d’une sociabilisation entre les membres, qui contribue au renforcement du tissu social[1].

 

Le Club Lions de Quyon

Le Club Lions de Quyon est fondé au début de l’année 1967 et sa charte est octroyée le 9 juin suivant. Sa création est parrainée par le Club Lions de Shawville. Le club compte à ses débuts 33 membres. Le premier président en est Stan Callaghan, professeur à l’école Sainte-Marie et plus tard, animateur à la station CHIP FM[2]. Très tôt, les Lions de Quyon sont très engagés auprès des jeunes. Un banquet père-fils est organisé annuellement depuis au moins les années 1960, une tradition qui perdure jusque dans les années 1980. Les membres qui n’ont pas de fils peuvent en « adopter » un pour la soirée », l’objectif étant surtout de faire connaître aux jeunes l’importance de l’engagement communautaire et la « philosophie lioniste ».

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Membres du Club Lions (dont Lennox Gavan et Laurie MacKechnie). Source : Archives du Pontiac.


À la fin des années 1960, un comité jeunesse (un « Leo Club ») particulièrement dynamique, formé de jeunes hommes et de jeunes femmes supervise les plus jeunes à la patinoire et organise pour ces derniers des soirées cinéma le samedi soir[3]. En 1968, un concours oratoire tant en français qu’en anglais est organisé pour les élèves du secondaire par les Lions. Préoccupés par la santé visuelle, car essentielle à la réussite scolaire, les membres des Lions envoient une vingtaine d’enfants passer un examen de la vue et paient pour leurs lunettes s’ils en ont besoin[4]. Dans les années 2000, ce souci pour la santé des enfants est toujours présent. En effet, les Lions de Quyon et ceux de Shawville unissent leur effort afin de couvrir les coûts d’un bracelet « Medic Alert » pour les enfants ayant besoin d’une intervention médicale rapide et immédiate[5].

Le premier projet communautaire des Lions de Quyon aurait été l’éclairage du terrain de baseball de Quyon pour lequel un groupe de citoyennes avait déjà amassé une partie des fonds (soit 3 000$). Grâce à elles et aux Lions, Quyon se voit doté du premier terrain de baseball éclairé de tout le Pontiac. Les Lions organisent par la suite des cours de natation (1970) à la rivière pour les jeunes et construisent les quais flottants pour les bateaux de plaisance venant s’ancrer quelques heures ou pour une nuit à Quyon. Depuis également les années 1970, les Lions veillent aussi à ce que les personnes âgées seules ou ayant peu de proches aidants ne soient pas laissées en reste lors de la période des fêtes. En effet, ils organisent chaque année, un copieux diner de Noël, où celles-ci peuvent en bonne compagnie profiter d’un moment de réconfort[6].

En 1980, les Lions organisent, avec le support financier de plusieurs entreprises locales, un camp de jour durant les mois d’été pour les enfants de 5 à 12 ans. Deux fois par semaine, 120 enfants participent aux activités sous l’œil vigilant de cinq étudiants embauchés grâce à une subvention du gouvernement fédéral dans le cadre du programme Jeunesse Canada au travail. Les jeunes employés occupent deux autres journées à tondre et prendre soin des propriétés de 42 personnes âgées, puis passent la journée restante à embellir la municipalité et s’occuper de l’entretien des terrains d’exposition[7]. Donc, en organisant des camps de jour pour les plus jeunes, le Club Lions fait d’une pierre deux coups et contribue à créer de l’emploi chez les jeunes de la municipalité. Des soirées irlandaises, où les jeunes peuvent exprimer sur scène leur talent, soit par la musique ou la danse, sont également tenues sur une base annuelle dans les années 1980 et le début des années 1990[8].

Depuis 1972, les Lions sont les gestionnaires du Quyon Lions Hall, aussi appelé la « Beach Barn ». La location de cette salle pour des événements tels des mariages, anniversaires ou événements spéciaux constitue la première source de financement de l’organisme, des sommes que ces derniers réinvestissent dans la communauté via multiples projets et donations.

À titre d’exemple en 1994, en multipliant les événements susceptibles de générer un profit, les Lions amassent plus de 40 000$ qu’ils redistribuent à différents organismes ou utilisent pour tenir des événements communautaires. Ainsi, ils organisent pendant de nombreuses années un carnaval d’hiver, font des dons aux services d’incendie de la municipalité afin que ceux-ci puissent acheter le matériel dont ils ont besoin (nouveau camion, bombonne d’oxygène, etc.) ainsi qu’aux organisateurs de la ligue mineure de baseball. Étant une organisation mondiale, les Lions contribuent également financièrement à des projets à plus vaste échelle, tels que la formation de chiens guides pour les personnes ayant une incapacité visuelle[9]. Dans les années 1990, l’organisation du Pontiac Pride, un jamboree musical, leur permet d’amasser sur trois ans plus de 30 000$ pour le Centre hospitalier du Pontiac[10].

À partir de 2009, le Club Lions de Quyon joue un rôle de premier plan dans le projet de revitalisation du centre communautaire et de la mise en valeur des rives de la rivière. En effet, les membres du Club Lions, appuyés par les Lionettes et plusieurs citoyens de la municipalité, réunis au sein d’un groupe informel le Waterfront Revitalization Committee, ont proposé de remplacer le centre actuel et d’aménager les berges (plage, promenade historique, marina, etc.) afin que davantage de personnes puissent profiter de ce site enchanteur[11] . Comme activité de financement, le comité organise des journées consacrées à la découverte du patrimoine (2009), des déjeuners et des soupers, au cours desquels ils rendent hommage à différentes personnes ou familles ayant joué un rôle important dans l’histoire de la communauté telles que Laurie et Mona MacKechnie, Rollie Bernier, Mae McCann et la famille Kennedy[12].

Plusieurs membres se sont impliqués dans le mouvement lion à l’échelle régionale et à celle des districts. Ainsi, Laurie MacKechnie a été le gouverneur du District A4 en 1981-82[13]. Basil Murphy et Daryl Leach ont été, quant à eux, gouverneurs adjoints. En 2011, lors du 45e  anniversaire du Club, trois membres fondateurs étaient présents : Lester McCann, Bob Young et Laurie MacKechnie. L’organisme comptait également sur 16 membres actifs.

Quelques presidents (sans ordre particulier) : Stan Gallaghan, Gus Peppard, Laurie MacKechnie, Lester McCann, Dary Leach, Eddie McCann, Glen Leach, Adam Bernier, Bill Young.

 

Les Lionettes de Quyon

Les Lionettes de Quyon reçoivent leur charte le 22 octobre 1983 comme groupe d’appui au Club Lions. Elles comptent alors 21 membres (dont Anne Clarke, Glenna Campbell, Donna Provost, Pat Lusk, Charlene Graham et Alice Dolan) et la première présidente est Mona Mackechnie[14]. Fidèles à leur motto « Caring and sharing », les Lionettes viennent en aide à la communauté, en particulier aux personnes âgées, aux personnes à faible revenu et aux jeunes. Elles aident régulièrement les personnes victimes d’incendie ou autres désastres.

Au fil des ans, elles ont soutenu différentes organisations et causes, telles que le Camp des Voyageurs Tim Hortons, la ligue de hockey mineur, l’organisme en charge des terrains d’exposition (la Quyon Recreation Association, puis Quyon Ensemble), le CSSS du Pontiac, le CHEO, la Société canadienne du cancer, la Société d’arthrite, la Fondation canadienne du foie et bien d’autres. À chaque mois d’avril, elles participent à la campagne de financement au profit de la Société canadienne du cancer. En avril 1996, elles récoltent 5 500$, soit le plus important montant per capita dans toute la province de Québec (8,95$ par personne, comparativement à 2,30$ à l’échelle provinciale)[15].

Afin d’amasser des fonds, les Lionettes organisent des événements annuels qui sont devenus fort populaires dans la municipalité. On peut mentionner les soirées meurtre et mystère et la course des canards sur la rivière Quyon. L’édition de 1995 leur a d’ailleurs permis d’amasser 3 000$ et celle de 2006, 5 000$[16]. Les fonds sont destinés à différents projets, allant de l’embellissement du cénotaphe du village à l’achat de nouvelles chaises pour les chambres de  

l’hôpital de Shawville afin d’accommoder les visiteurs qui bien souvent y passent de longues heures[17].

Depuis 1988, elles organisent un rallye d’automobiles auquel participent jusqu’à une cinquantaine d’équipes composées de deux à six personnes[18]. En fait, un rallye d’automobiles se tenait déjà depuis les années 1960 à l’échelle du Pontiac, chaque Club Lions en étant l’hôte à tour de rôle[19]. Les équipes en compétition doivent découvrir des indices cachés le long d’un parcours et chaque année un thème différent est choisi, inspirant aux compétiteurs des costumes toujours les plus originaux les uns que les autres. En 2001, l’argent amassé par les concurrents (soit 2 000$) a été versé au Fonds d’assistance et d’urgence en cas de désastre de la Croix-Rouge, en la mémoire de Frank Doyle Jr., un ancien résident décédé dans les attentats du 11 septembre[20].

Les Lionettes voient à la décoration de la rue principale à l’approche de Noël et à l’organisation du défilé du Père Noël en décembre. Début juillet, elles sont toujours au rendez-vous lors de la parade du Canada, contribuant à son organisation et à la décoration des rues. En août, elles sont les hôtesses d’une fin de semaine célébrant l’engagement communautaire (Community Days), événement qui en était à sa 18e édition à l’été 2015. Barbecue, musique, activités pour petits et grands sont au rendez-vous. Ces journées sont l’occasion de mener une campagne de financement, que ce soit pour l’embellissement de la rue principale ou la graduation de la classe de 6e année d’une des deux écoles du village[21]. Depuis quelques années, les Lionettes proposent une soirée costumée à l’automne et ouverte à tous les membres de la communauté : « Guys, Girls and G’Dolls ».

En 2013, les Lionettes comptaient près d’une quarantaine de membres et sont assurées d’une bonne relève pour les années à venir.

Quelques présidentes : Mona MacKechnie, Charlene Graham, Jean McCann, Judy Proulx, Glenna Campbell, Pat McConnell, Donna Provost, Donna Kennedy, Cathy Emmerson, Donna Kennedy, Pat Lusk, Barbara Meredith, Patti Davis, Janet Graham, Kathy Young[22].

 

 


 

[1] Pour plus d’information sur ce mouvement international, on peut consulter le Portail du lionisme au Québec.

[2] Scott Campbell, « Quyon Lions celebrate 45 years », The Equity, 27 juin 2012; Hamish Mckillop, « Quyon Lions turn 45 », The Equity, 9 juin 2012.

[3] « Quyon Lions plan beauty contest and other event », The Equity, 30 novembre 1967; « Leo Club Charter Night », The Equity, 9 juillet 1969.

[4] « Quyon Lions sponsor public speaking contest », 28 mars 1968.

[5] Leah Iverson, « Lions Clubs equip students with medical bracelets », The Equity, 25 février 2009.

[6] Merry Reardon, « Quyon Lions ensure that singles enjoy a good Christmas dinner », The Equity, 15 décembre 1993.

[7] « Quyon Lions Club youth development », 20 août 1980.

[8] Colette Blain, « Quyon Lions present: “A Wee Bit O’Irish” », The Equity, 20 mars 1991.

[9] Merry Reardon, « Quyon Lions and LIonettes », The Equity, 16 mars 1994.

[10] Richard Wills, « Pride and Lions give $10,000 to hospital », The Equity, 1er décembre 1993.

[11] Kate Aley, « New community centre, board walk vision for Quyon », Le journal du Pontiac, 20 mai 2009; Kate Aley, « Phase one of the new community centre revealed », Le journal du Pontiac, 27 juin 2012.

[12] Leah Iverson, « Roast and toast for couple who gives the most », The Equity, 18 février 2009; Cory Wilson, « Quyon “shovel ready” for new centre” », The Equity, 24 avril 2013.

[13] Voir notamment « Les faits détaillés », sur le Portail du lionisme au Québec.

[14] Christina Gray, « Quyon Lionettes celebrate 25 years together », The Equity, 11 juin 2008.

[15] Sylvia Bakker, « Quyon Lionettes raise most for cancer », The Equity, 15 janvier 1997.

[16] Sylvia Bakker, « Duck race brings in $3,000 for Lionettes », The Equity, 19 mai 1995; Wilbur McLean, « Duck 831 champions annual Quyon duck race », The Equity, 24 mai 2006.

[17] Carole St-Aubin, « Bridge construction halts duck race », The Equity, 12 mai 2010; Andrea Cranfield, « Quyon Lionettes buy new chairs », The Equity, 1er septembre 2010.

[18] Jonathan Crowe, « Competitors dress up selves, cars for Lionettes’ car rally », The Equity, 29 octobre 2003.

[19] « Quyon Lionettes host 27th annual Lionette Rally », The Equity, 20 avril 1988.

[20] « Quyon Lionettes car rally raises 2,000$ », The Equity, 7 novembre 2001.

[21] Hamis McKillop, « Roast beef, country folk and dirt dance », The Equity, 10 septembre 2014.

[22] « Quyon Lions and Lionettes new executive », The Equity, 11 juillet 1990.