Été
Bercée entre les rivières et les collines

Les services d'incendies

par Maude-Emmanuelle Lambert
2016

 

Quyon est le premier centre de la municipalité à se doter d’un service d’incendie. Celui-ci existe depuis la fin des années 1930, selon le témoignage d’Edmund Trudeau[1]. En 1944, un article, relatant un incendie dans le magasin Mulligan qui s’est propagé à deux autres maisons, mentionne que des hommes vivants entre Eardley et Shawville ont été appelés sur les lieux. En 1951, un grand incendie détruit plusieurs bâtiments (hôtels Fairbanks et Cobalt, le magasin général de la famille Holmes et le Rex Cafe) du centre du village de Quyon et fait plus de 200,000$ de dommages. Incapables de contrôler et d’éteindre le brasier, les pompiers de Quyon, sous la direction de Robert Manary, doivent faire appel aux services d’incendie de Norway Bay, Hull et Aylmer[2].

Plusieurs autres incendies majeurs surviennent au cours des années 1950, ce qui amène les citoyens à demander l’achat de nouveaux équipements et la formation d’une brigade supplémentaire de pompiers afin d’assurer une meilleure protection. Comme le village ne possède toujours pas de système d’aqueduc (celui-ci est complété seulement en 1958), les pompiers doivent pomper l’eau directement de la rivière à l’aide d’une pompe portative.

En 1959, c’est l’hôtel-de-ville de Quyon qui part en fumée. L’endroit qui sert aussi de cinéma (et de prison au sous-sol!) brûle quelques minutes seulement après la fin de la dernière projection. Les pompiers de Shawville sont appelés pour prêter main-forte afin d’éviter que le feu ne se répande aux maisons à proximité. Un autre malheur frappe la communauté alors que le théâtre qui abrite la caserne de pompiers au sous-sol brûle complètement[3]. Une nouvelle caserne est reconstruite sur le même lot et la prochaine étape consiste à acquérir des premiers camions[4].

Dans les années 1960, plusieurs feux à Eardley et Luskville témoignent de l’inexistence (et le besoin) d’un service d’incendie. Généralement, ce sont les pompiers d’Aylmer ou de Quyon qui

interviennent sur les lieux. La Légion canadienne de Quyon et le Club Lions organisent depuis leurs créations de nombreuses collectes de dons en argent ou en vêtements pour les victimes des incendies.

Dans les années 1970 et 1980, Claude Marcotte dirige le service d’incendie de Quyon. Les appels, lors d’alerte d’incendie, sont logés au magasin qu’il tient avec son épouse Hélène. Ayant fait de la sécurité sa priorité, aucun de ses hommes n’est blessé ou tué au cours des quinze années qu’il passe à la tête du service d’incendie[5]. En juin 1988, ses hommes, appuyés des services d’incendie de Bristol, Shawville, Lac-des-Loups, ainsi que de la Commission de la Capitale nationale et de la Société de conservation de l’Outaouais, combattent pendant plusieurs jours et avec succès un feu de forêt s’étant déclaré au nord de Quyon et menaçant le Parc de la Gatineau[6].

En 1985, Luskville a finalement un service d’incendie. En 1989, le nouveau chef pompier de Quyon, Léo Ladouceur, innove en introduisant un nouveau système d’équipes. Chaque équipe de pompiers (il y en a six) comprend un chef, un chauffeur et un intervenant devant administrer les premiers soins. À chaque exercice mensuel, l’équipe doit pratiquer avec le matériel, faire fonctionner les pompes, le générateur, les masques à oxygène, etc. L’équipe discute ensuite avec le groupe des problèmes rencontrés et de ce qui pourrait être amélioré. Cette année-là, le service d’incendie de Quyon compte 38 pompiers volontaires[7]. Plusieurs dons en argent et en équipements (dont des appareils respiratoires Air-pack) sont également faits en 1990 aux pompiers de Quyon par les Lionettes, les Lions et le Quyon Citizen Committee.

Dans les années 1990, le service d’incendie de Quyon est très présent dans les activités de la communauté. Il participe aux défilés de Noël et de la fête du Canada. Les pompiers organisent également des journées d’information, une journée « chef pompier d’un jour » pour les enfants[8] et des activités de financement comme des BBQ et des bals afin d’acquérir du nouveau matériel[9]. En juin 1992, les pompiers de Quyon font l’achat d’un « nouveau (1973) » camion-citerne et de pièces d’équipement grâce aux dons amassés depuis septembre 1991 par la communauté, totalisant plus de 13 000$[10]. Quant aux pompiers volontaires de Luskville, ils font une campagne de financement afin de pouvoir acquérir des pinces de désincarcération. Souvent les premiers intervenants lors des accidents de la route entre Aylmer et Shawville, ils

se dotent de ce précieux et utile outil dès avril 1991[11]. En 1994, les pompiers de Quyon reçoivent les clés d’un véhicule d’urgence offert par le Club Lions, d’une valeur de 22 000$[12].

Également en 1994, la municipalité de Pontiac planifie la construction d’une troisième caserne de pompiers à Breckenridge (coin route 148 et chemin Terry-Fox) afin de desservir ses citoyens les plus à l’est. Sa construction est complétée à l’hiver 1996. On prévoit également l’agrandissement de la caserne de Quyon, afin d’abriter tous les camions de ce service d’incendie à un seul endroit[13]. Bien que les services d’incendie de Quyon et de Luskville travaillent ensemble, ce n’est qu’en 2003 que les deux services sont fusionnés. Les chefs pompiers dans les années 2000 et 2010 ont été Tom Howard, puis Mario Allen (intérim). En 2010, la municipalité de Pontiac a adopté le Schéma de couverture de risques incendie de la MRC des Collines-de-l’Outaouais dont les trois objectifs sont : la connaissance du milieu, ses particularités et les endroits plus à risque; des pompiers bien formés avec les équipements adéquats; et la prévention[14].

La prévention des incendies se déploie de différentes manières dans la municipalité. En plus de faire des tournées régulières dans les écoles primaires, les services de garde et les résidences familiales, les pompiers de la municipalité de Pontiac rencontrent différents groupes de citoyens, dont les personnes âgées. Des cafés-rencontres et des déjeuners servis par les pompiers eux-mêmes sont l’occasion privilégiée pour les citoyens d’échanger avec les membres de leurs services d’incendie[15]. La présence des pompiers est également remarquée lors des différents événements communautaires et culturels qui se sont tenus au fil des années tels que la fête du Canada, Savourer le Pontiac et plus récemment la Foire champêtre de Pontiac (chutes de Luskville). En 2014, le service d’incendie a mis sur pied un programme de « cadets-pompiers » pour les garçons et filles de 15 ans et plus de la municipalité[16].

Monsieur Michel Lemieux est actuellement à la tête du service d’incendie de la municipalité[17].

Les chefs pompiers (liste incomplète)

Quyon (fin années 1930)

Eardley (1985 et +)

Edmund Trudeau

Gary Renaud

Robert Manary

André Renaud

Bill Burke

Willy Storing

N. W. Wall

Tom Howard

Claude Marcotte

 

Richard Poirier

 

Leo Ladouceur

 

Tom Howard

 

Mario Allen (intérim)

 

Michel Lemieux

 

 

 

 


[1] Edmund Trudeau ne se rappelle pas quand le service d’incendie de Quyon a été mis sur pied, mais se souvient l’avoir rejoint comme pompier vers la fin des années 1930 : « 'In those days, we used to draw water with a horse and either sleigh or wagon, depending on the season', he said. The firefighters would also dip tubs into the Ottawa River from a raft. 'We also used a horse and stone-boat in the summer, to draw water up', he said. 'We drove the horse down into the water and it was half a mile up to the houses' », dans « Past fire chief recall Quyon department’s long history », The Equity, 19 juin 2002.

[2] « $200,000 Fire Destroys Quyon Centre Town », The Equity, 1951. Selon Edmund Trudeau, il semble également que la pompe à essence utilisée pour pomper l’eau de la rivière se soit brisée cette nuit-là. « Past fire chief recall Quyon department’s long history », The Equity, 29 juin 2002.

[3] « Serious Fire in Quyon demolished Theatre », The Equity, 24 décembre 1959.

[4] « Past fire chief recall Quyon department’s long history », The Equity, 19 juin 2002.

[5] « New Fire chief in Pontiac Municipality », The Equity, 12 octobre 1988.

[6] « Forest fire at Quyon », The Equity, 22 juin 1988.

[7] « Quyon Firemen Innovate with Team System », The Equity, 7 mars 1989.

[8] « Young Quyon Chief sound the alarm », The Equity, 11 mai 1994.

[9] Voir entre autre : « Red & White Barbecue benefits Fire Department », The Equity, 26 juin 1991.

[10] « Quyon Firefighters get new tanker truck », The Equity, 26 août 1992.

[11] « Luskville Fire Department updates equipement », The Equity, 10 octobre 1990.

[12] « Un véhicule d’urgence est donné aux pompiers volontaires », Le Journal du Pontiac, 25 janvier 1994.

[13] « Pontiac plan third Fire Hall », The Equity, 1 juin 1994.

[14] Voir « Prévention des incendies », site de la MRC des Collines de l’Outaouais.

[15] « QPF, Firefighters and CLSC team up for Meals on Wheels », The Equity, 10 février 1993.

[16] « Programme cadet-pompier 2014 », site de la Municipalité de Pontiac.

[17] « L’équipe », site de la Municipalité de Pontiac.