Été
Bercée entre les rivières et les collines

Histoire des instituts féminins (Women's Institute)

par Maude-Emmanuelle Lambert
2016

 

 

La fondation des Instituts féminins (Women’s Institute)

Le premier Institut féminin (Women’s Institute) est fondé en 1897 à Stoney Creek, en Ontario, par Adelaide Hoodless. La vie de cette femme à l’existence bourgeoise bascule lorsque son jeune enfant meurt après avoir bu du lait impropre à la consommation. Elle s’emploie par la suite à ce que l’économie domestique soit enseignée dans les écoles de la province et publie, en 1898, l’ouvrage Public School Domestic Science. En quelques années, le mouvement des Women’s Institute se déploie à travers le Canada rural et dans le monde.

La devise du mouvement, « Pour le foyer, pour la patrie » (« For Home and the Country »), illustre bien ses buts qui sont la valorisation de la vie rurale et la formation des citoyennes par l'étude de questions d'intérêt national et international (en particulier celles qui touchent les femmes et les enfants)[1]. Depuis 1919, les différents chapitres des Women’s Institutes sont représentés par la Federation of Women’s Institute of Canada (aujourd’hui Federated Women’s Institutes of Canada).

Fondés sous la supervision du Collège Macdonald de Montréal, les Women’s Institute de la province de Québec (QWI) ont essaimé à partir des années 1910. L’un des plus anciens chapitres de ces groupes féminins est d’ailleurs créé en 1913 dans le hameau de Wyman. Il s’agit également du premier Women’s Institute (WI) du grand comté de Pontiac.

La municipalité de Pontiac va compter au fil du XXᵉ siècle quatre autres chapitres des WI : Quyon, Beechgrove, Eardley et Breckenridge (parfois identifié comme Lower Eardley).


Les débuts des Women’s Institute de Pontiac

Le 3 mars 1913, un groupe de résidentes de Wyman, en présence de Miss K. Fisher, doyenne du programme des sciences domestiques au College Macdonald, se rencontre à l’école numéro 3 de Bristol. L’objectif : établir une filiale des Women’s Institute à Wyman. Les seize dames et demoiselles présentes signent en faveur de la création de cet institut. Il s’agit de Mrs D. D. Storie; Miss Alice Davis; Mrs Peter Russett; Miss Edith Edey; Mrs Nelson McLellan; Mrs Jas. A. Graham; Mrs Thomas Graham; Mrs Alez Meldrum; Miss Lola McLellan; Miss Abbie Pritchard; Miss Jennie Graham; Miss Louisa Finlan; Miss Mae Hammond; Miss Mildred Kehoe; Mrs J. H. Biehler et Mrs Jams G. Graham (on remarque que plusieurs femmes mariées utilisent le prénom et le nom de leur mari pour s’identifier, ce qui est une pratique courante à l’époque)[2].

À l’issue de la soirée, Mrs Thomas Graham est élue présidente. Parmi les fondatrices, il faut signaler Miss Abbie Pritchard, fille du maître de poste de Wyman. Fraichement diplômée en sciences domestiques du College Macdonald, cette dernière deviendra présidente à la suite de Mrs Graham. Mais surtout, elle jouera un rôle actif à l’échelle des Women’s Institute de la province de Québec, étant secrétaire-trésorière, puis trésorière pendant une vingtaine d’années. Elle a aussi été la première femme de tout le comté de Pontiac à recevoir la distinction « membre à vie » en 1923 et été faite membre honoraire de la Federation of Women’s Institute of Canada (FWIC)[3].

Deux autres filiales (Elmside et Shawville) seront fondées les soirs suivants de la création de la filiale de Wyman. Beechgrove, Eardley et Breckenridge suivent dans les mois et les années suivantes. 

Quelques mois après la création du W.I. de Wyman, soit en novembre 1913, se tient la première réunion des Instituts féminins du comté de Pontiac (Pontiac County Women’s Institute). Abbie Pritchard est nommée secrétaire-trésorière, alors que Sophia Armstrong de Bristol, une ancienne étudiante de l’Ontario Agricultural College de Guelph, est élue présidente. Elle occupe ce poste jusqu’en 1922, poste qu’elle cumule avec la présidence provinciale des Women’s Institute du Québec à partir de 1919. Elle est d’ailleurs la première présidente de l’histoire des QWI[4].

En 1914, le nom des instituts féminins est changé pour celui des « Homemaker’s Club ». L’organisme reviendra à son ancien nom en 1920. Pendant la Première Guerre mondiale, on trouve d’ailleurs la trace d’un Homemaker Club à Onslow. Les membres de ce groupe résident essentiellement entre Steele Line et le village de Quyon. Il est composé des dames suivantes:

Mary Ann Gibbons; Mrs John McKenny; Mrs. William Steele; Mrs Simpson; Josephine Foran; Mrs Jason McBane; Mrs John McBane; Loretta Gibbons; Mrs Albert Draper; Elsie Clarke; Mrs Victor McBane; Mrs Chas. O’Reilly; Mrs. William O’Reilly; Mrs J. S. Stanton; Mrs Jason Steele; Mrs J. J. O’Reilly; Sadie Steele; Mary O’Reilly et Josie Gibbons[5].

En 1922, le rapport annuel des Women’s Institute fait état de 51 membres à Breckenridge dont 16 viennent régulièrement aux réunions. Cette filiale, qui fait partie du District d’Ottawa, tout comme la filiale d’Aylmer et d’Eardley, a amassé près de 500 dollars qui ont été utilisés pour la tenue d’un pique-nique, versé sous forme de dons à l’Aylmer Relief Fund ou encore pour l’achat de prix pour les écoles, de livres pour la bibliothèque et de bulbes de fleurs pour l’embellissement des maisons. Des conférences ont également été prononcées sur l’importance des jardins de légumes et de fleurs, de la qualité de l’eau à la maison de même que sur la vie des ministres du cabinet du gouvernement canadien. La présidente est Mrs J. Faris et la secrétaire Mrs. D. Faris.

Quant au W.I. d’Eardley, 44 dames en sont membres et 19 en moyenne assistent aux réunions. Cent trente dollars ont été amassé au cours de l’année et ont été redistribués pour des prix à la foire agricole, des livres à l’Université McGill et l’achat de matériel pour réaliser des courtespointes. Plusieurs sujets ont été abordés, dont la cuisson des légumes d’hiver, la fabrication du beurre à la ferme, le nettoyage à sec, la présentation à table, les qualités d’une ménagère moderne ainsi que les lois qui régissent la vie des femmes de la province de Québec. La présidente est alors Mrs. H. P. Amm et la secrétaire Mrs. F. H. Cornu (Annie Maria Cornu, une autre pontissoise qui a fait sa marque dans les W.I.).

Toujours en 1922, la filiale de Beechgrove, compte 21 membres, dont 12 viennent régulièrement aux réunions. Un montant semblable à celui amassé par la section d’Eardley a servi aux prix pour les écoles et la foire scolaire, l’achat de livres et des petits cadeaux aux enfants. La présidente est alors Mrs. Russell Tabor et Mrs Jason Thomas, toutes deux de  Quyon.

Le W.I. de Wyman compte 21 membres dont 13 en moyenne viennent aux réunions. Un 50$ est amassé par les dames et sert à soutenir une famille dans le besoin d’Ottawa et une bibliothèque mise sur pied pour les besoins des membres. Mrs Thomas Graham en est toujours la présidente et Mrs. S.E. Nicholson, la secrétaire. Plusieurs résidentes de la municipalité font alors partie du Comité exécutif provincial, soit Mrs Fred Lusk (Annie Lusk de Breckenridge), à titre de vice-présidente et Miss Abbie Pritchard (Wyman), secrétaire[6].

Au cours du premier conflit mondial, les membres des Women’s Institute (rappelons-le, devenu les Homemaker’s Club), tant Wyman, Onslow que ceux situés plus à l’est sont très actifs auprès de la Croix-Rouge. Elles contribuent au Fonds patriotique canadien (Canadian Patriotic Fund) et envoient des fournitures et paquets aux hommes au front. Cet effort de guerre est répété lors de la Deuxième Guerre mondiale. Par la suite, elles font des dons tant matériels que monétaires à l’Hôpital communautaire du Pontiac (aujourd’hui le CSSS du Pontiac), soutiennent les foires scolaires, s’assemblent afin de confectionner des courtepointes pour les victimes d’incendies ou autres désastres. Cette dernière pratique leur permet de préserver et de transmettre cette forme d’art domestique, tout en rendant service à la communauté[7].

En 1953, la Fédération des Instituts féminins du Canada se voit accorder le patronage royal[8].

 

De 1945 à nos jours

Au sortir de la guerre, un Women’s Institute est créé à Quyon (1945)[9]. Plusieurs présidentes se succèdent au cours des années 1950-60 : Mrs A. C. Shennett (1953), Mrs Burke (1956), Muriel Bronson (1956-57), Mrs Walter Clarke (1963), Mrs Lester McCann (1964), Mrs Johnston (1968), pour n’en nommer que quelques-unes. En novembre 1956, les dames du WI de Quyon décident de procéder à l’achat d’un terrain à proximité de la rivière Quyon afin d’aménager un parc du souvenir (Memorial Park) à la mémoire des hommes tombés au combat pendant les deux grands conflits mondiaux et la Guerre de Corée[10]. Le 22 juillet 1959, les dames de Quyon organisent une grande fête pour l’ouverture officielle de la plage, où bientôt le Club Lions organise des cours de natation pour les jeunes[11]. Les activités de la filiale de Quyon sont très diversifiées comme le montre le compte-rendu suivant de 1964-1965 :

« (…) We made donations of money to the Central Auxiliary of the P.C.H., the Canadian Red Cross Society, the Cancer Society, the Pontiac Anti-T.B. Assoc., Quyon and District Disaster Society, Quyon Agricultural Society, Q.W.I. Service Fund, Pontiac County W.I Fund. Nineteen silver dollars were given at the two schools for prizes in English and French. Prizes were given at the school fair. Two Centennial Trees were planted on the Memorial Park, a wreath placed at the war memorial. Seven Christmas stockings filled for “Save the Children Fund”, “UNICEF Shell-Out”, sponsored at Halloween. Handicraft was made for the W.I. Exhibit at the two fairs, some was sent to F.W.I.C. Convention for sale, some sent to Q.W.I Convention for display. Christmas parcels were sent to the Ade Memorial Hospital, Cards of sympathy and “Get Well” were sent to many people in the locality. We sponsored Sewing Course and a French Course for adults, also an Irish play from Vinton. (…) Delegates were sent to three conventions. A sale of plants, bulbs, etc. was held also a sale of food and other articles. »[12]

Dans les années 1950-60, le W.I. de Beechgrove tient ses réunions dans les résidences des membres. Les membres organisent des parties de cartes au Hall 70 (une salle communautaire) ou à l’Hôtel de ville de North Onslow[13]. Ces dernières font des bazars pour amasser des fonds qu’elles redistribuent à différents organismes caritatifs locaux ou nationaux. Plusieurs présidentes se succèdent au fil des ans, dont Mrs Lloyd Hobbs, Mrs Vera Meredith, Mrs Violet Poole, Mrs June Emmerson et Mrs Bernice Bennett.

Au début des années 1950, l’institut féminin de Breckenridge est sous la présidence de Mrs Austin Lusk. Les membres se réunissent chez l’une d’entre elles à Breckenridge ou Luskville[14]. En 1962, la réunion, qui est suivie d’un dîner, se tient à l’hôtel Fairbanks de Quyon[15]. De manière générale, les activités du W.I. de Breckenridge semblent davantage tournées vers Aylmer, Gatineau et Ottawa que Pontiac. À titre d’exemple, l’Institut participe à la foire d’Aylmer[16]. En 1966, la nouvelle présidente élue est Mrs. Jos Archambault[17].

Aux hivers 1956 et 1957, Onslow se dote d’une patinoire et les dames du Women’s Institute de Wyman y servent le café, des fèves et des petits pains afin de réchauffer les patineurs, mais aussi recueillir des fonds. En 1964, en raison du déclin de la population du secteur Elmside, l’institut féminin qui s’y trouve est dissous et certaines de ses membres joignent celles de Wyman. L’année suivante, les dames de Wyman entreprennent de créer un parc routier le long de la route no. 8 (l’actuelle 148), afin de desservir les voyageurs entre Aylmer et Shawville. L’endroit choisi est situé à mi-chemin entre le village de Quyon et Wyman, sur un terrain appartement au ministère des Transports (s’agit-il de l’actuel point de départ de la PPJ?). Les dames, aidées de bénévoles, travaillent la terre, y sèment une pelouse et s’occupent de planter et d’entretenir un parterre fleuri. Le ministère viendra y ajouter des arbres, y installer quelques tables à pique-nique et le site sera prêt pour l’année de la Célébration du Centenaire de la Confédération (1967). Lors de son ouverture, les membres du Women’s Institute de Wyman y accueilleront les visiteurs et passants en costume d’époque, drapeaux du centenaire à la main. Par la suite, elles continuent à voir à l’entretien du parc; mais dans les années 1980, le ministère des Transports cesse, semble-t-il, de s’y intéresser[18].

Plusieurs membres de Wyman se sont distinguées pour leur service à la communauté et se sont vues conférer le titre de membre à vie des Women’s Institute. Il s’agit de Mrs Thomas Graham (présidente du Women’s Institute de Wyman pendant 12 ans), Mrs J. Nelson McLellan, Miss Abbie Pritchard, Mrs Roland Graham et Mrs S. Wyman MacKechnie. Cette dernière a d’ailleurs été une membre active pendant 50 ans au sein du Wyman WI. Miss Hilda Graham et Mrs Muriel Kelley ont aussi reçu le titre de membre à vie en 1971, pour leurs années de service, notamment à titre de présidente des Women’s Institute du Pontiac[19]. En 1993, lors du 80e anniversaire de la filiale de Wyman, d’autres membres sont honorées à titre de membre à vie pour leurs années de services, soit Marjorie Smith, Carol Clarke, Nancy Mayhew, Marlowe Campbell, Nina Steward, Gena Graham, Irma Trudeau, Evely Duff, Isabel Graham. Pour la tenue de ses réunions, l’organisme alterne ses rencontres chez l’une des membres de Wyman ou à l’Hotel de ville de Bristol.

À Quyon, les rencontres du WI se tiennent habituellement à la résidence d’une des membres, mais en 1972-73, quelques réunions ont lieu au « Municipal Hall », parfois aussi appelé « Community Hall »[20]. Il s’agit peut-être de l’actuelle salle Bert Kennedy, une ancienne école modèle fréquentée par les écoliers du village du début du siècle aux années 1950. Par la suite, les rencontres ont lieu à nouveau chez l’une ou l’autre des membres. Entretemps, la municipalité procède à la rénovation de la salle et à partir de septembre 1976, le WI de Quyon, et plusieurs autres organismes communautaires (dont les groupes de personnes âgées) y tiennent leurs rencontres[21]. Rapidement l’institut féminin de Quyon s’approprie les lieux et dès le mois suivant, dans le compte-rendu d’une réunion tenue le 20 octobre 1976, on mentionne « The Quyon W.I. meeting was held at the W.I. Hall in Quyon »[22]. Le Community Hall devient le Women’s Institute Hall.

Par ailleurs, ces groupes féminins ne travaillent pas en vase clos. Non seulement les différentes filiales des W.I. organisent-elles des activités communes (campagnes de financement, réunions, soirées cinéma, conférences, etc.), mais les différents groupes féminins en présence de la municipalité s’appuient. Ainsi, les membres du W.I. de Quyon prennent part à la campagne du coquelicot organisée par les Ladies auxillaries (Légion royale canadienne). Lors du dîner annuel (ou anniversaire) du W.I. de Quyon, les Ladies auxillaries les accueillent dans les locaux de la Légion et leur servent le repas[23].

 

Conclusion

Les préoccupations des W.I. ont évolué au fil des années, au gré des transformations qu’a connues la société rurale québécoise. Si les membres des différentes filiales de W.I. ont longtemps axé leurs interventions sur la promotion de la santé infantile, la diffusion des connaissances agricoles dans les écoles (par notamment la tenue de foire scolaire), la transmission des arts domestiques d’une génération à l’autre, elles ont pris position sur l’utilisation chez les bovins d’hormones de croissance et ont organisées des journées d’information sur l’industrie et l’environnement[24]. Si le mouvement, à ses débuts, n’appuie pas les revendications des suffragettes, ses membres ont néanmoins toujours eu un vif intérêt pour la question des droits légaux des femmes. En 1998, les membres des W.I. du comté de Pontiac appuient d’ailleurs la campagne de financement lancée par l’Alberta Women’s Institute en vue d’ériger un monument aux « Cinq femmes célèbres » en Alberta et un autre sur la colline parlementaire à Ottawa, ce qui est fait en 2000[25]. L’une de ces « cinq femmes célèbres » est d’ailleurs Emily Murphy, une membre active des W.I. dans son Alberta natale.

 

Quelques figures qui se distinguent

 

Il est difficile d’établir une liste de toutes les femmes qui, par le biais de leur engagement dans les Instituts féminins, ont donné de leur temps et ont cru en l’amélioration de leur communauté rurale. Si plusieurs noms reviennent régulièrement dans les comptes-rendus et dans le texte précédent, certaines de ces femmes ont fait l’objet d’une reconnaissance par leur pairs lors du 70e anniversaire de la création des Instituts féminins dans la province de Québec[26]. Voici le profil de quelques-unes d’entre elles.

Annie Lusk (née Scott)est née le 14 mars 1868 à Lakefield, Québec. Elle arrive à Eardley comme enseignante, puis épouse à cet endroit Fred Lusk. En 1916, elle devient membre du Breckenridge WI. Quelques années plus tard, le 20 mai 1920, elle devient présidente des WI du comté de Pontiac, poste qu’elle occupe jusqu’en 1929. En 1922, elle joue un rôle de premier plan dans l’organisation d’une foire scolaire dans les écoles d’Eardley supervisée par le Département de l’agriculture. Les élèves sont invités à cultiver cinq légumes et deux fleurs. Les graines leurs sont confiées au printemps et les prix remis à l’automne après que les juges soient passés. En 1924, elle est honorée du titre de « membre à vie » des WI. L’année suivante, elle devient la 3e présidente provinciale de tous les WI du Québec (la 1ère étant Sophia Armstrong de Bristol, une autre pontissoise). Elle occupera ce poste jusqu’en 1927.

Annie Maria Cornu (née Sally) voit le jour à Eardley, Québec, en février 1883. En 1902, elle épouse Francis Henry Cornu et le couple s’installe sur la 4e concession du canton d’Onslow. Pendant la Première Guerre mondiale, madame Cornu est très engagée auprès de la Croix-Rouge canadienne et participe activement à l’effort de guerre en confectionnant des pansements et des tricots pour les soldats du front. Cet engagement donne naissance, en compagnie d’autres femmes, au Homemakers Club of Onslow qui organise des cours de cuisine, de travaux d’aiguille et courtepointe pour les dames. Madame Cornu est aussi parmi les membres fondatrices du Eardley Women’s Institute et l’une des premières exposantes à la foire agricole de Quyon. En plus de son engagement au sein du mouvement des Women’s Institute (dont elle est fait membre à vie en 1924), elle est très active auprès de l’Église anglicane St. Luke et assiste, pendant plusieurs années, le Dr Dowd, puis le Dr Hudson lors des accouchements.

*Abbie Pritchard est née à Wyman, Québec en 1883. Après un cours de sténographie à Ottawa, elle retourne à la maison afin d’aider ses parents avec le magasin familial et le bureau de poste de Wyman, où elle est pendant plusieurs années assistante-maître de poste. Elle suit un cours de science domestique au College Macdonald en 1911 et contribue, en 1913, à mettre sur pied le Wyman Women’s Institute, premier chapitre des WI du comté de Pontiac. Elle en est d’ailleurs la présidente pendant quatorze ans, à la suite de Mrs Thomas Graham. En 1919, elle devient la première secrétaire-trésorière de l’ensemble des WI de la province de Québec, aux côtés d’une autre pontissoise, Sophie Armstrong de Bristol. Après quatre ans, la responsabilité de ce poste est divisée en deux et elle sert 16 ans à titre de trésorière provinciale des WI. On la retrouve également comme secrétaire des WI du comté de Pontiac de 1913 à 1933 et présidente de 1946 à 1948. Elle a été la première femme de tout le comté de Pontiac à recevoir la distinction « membre à vie » en 1923 et elle a été fait membre honoraire de la Federation of Women’s Institute of Canada (FWIC). De 1914 à 1960, elle a assisté à toutes les conventions annuelles des WI du College Macdonald. Aussi, en raison de son implication, c’est à elle qu’est revenu l’honneur de lire le procès-verbal de la toute première convention lors des célébrations du 40e anniversaire de la QWI. Peu avant sa mort, elle est nommée vice-présidente honoraire des WI du Québec. Décédée en août 1960, elle a légué ses biens au QWI.

Hilda Graham est née en 1911 à Wyman, Québec. Elle est la fille de Mrs Thomas Graham, première présidente du Wyman Women’s Institute fondé en 1913. Enseignante, Hilda Graham est présidente pendant deux ans de l’ensemble des Women’s Institute du Comté de Pontiac (années 1960), puis responsable provinciale en matière de publicité et d’éducation pour les WI de l’ensemble de la province de Québec et présidente pour le Comté de Gatineau et Aylmer Est. Elle a été honorée de la distinction de « membre à vie » des Women’s Institute.

 



 


 

[1] Pour en apprendre davantage sur l’histoire des Women’s Institute, on peut visiter le site internet des Federated Women’s Institutes of Canada ou celui du Québec Women’s Institute. On peut également consulter l’article de Jean E. Dryden, « Fédération des instituts féminins du Canada », Encyclopédie canadienne.

[2] Archives du Pontiac, History of Wyman W.I., 1913-1996, manuscrit dactylographié, s. d.

[3] « Abbie Stewart Pritchard », QWI Pionneers, 1911-1981 (Quebec Women’s Institute, 1981), p. 197; Archives du Pontiac, History of Wyman W.I., 1913-1996, manuscrit dactylographié, s. d.

[4] « Sophia I. Armstrong », QWI Pionneers, 1911-1981 (Quebec Women’s Institute, 1981), p. 18.

[5] Photographie des membres dans Quyon-Onslow, 1875-1975. Souvenir of Centennial (Shawville, Pontiac Printshop, 1975).

[6] Annual Report of the Women’s Institutes of the Quebec Province for the year ending March 31st, 1922 (School of Household Science Macdonald College, 1922).

[7] Archives du Pontiac, History of Wyman W.I., 1913-1996, manuscrit dactylographié, s. d.

[8] « Le patronage royal est accordé par un membre de la Famille royale qui appuie l’organisation en donnant bénévolement de son temps pour offrir certains services ou en faisant un don de bienfaisance, dans le but de favoriser la reconnaissance des réalisations du groupe et des contributions de différents secteurs de la vie publique ». Patronage royal – Organismes canadiens.

[9] « Muriel Bronson Named Quyon W.I. Chief », The Equity, 22 mars 1956.

[10] « Quyon W. I. Plans Memorial Park », The Equity, 28 novembre 1956.

[11] « Quyon W.I. Plans Beach Party », The Equity, 4 août 1960.

[12] « Quyon WI », The Equity, 1er avril 1965.

[13] « Beechgrove W.I. », The Equity, 6 avril 1967.

[14] « Breckenridge W.I. », The Equity, 1er mai 1952.

[15] « Breckendridge W.I. », The Equity, 4 mai 1962.

[16] « Women’s Institute Meetings », The Ottawa Citizen, 23 octobre 1962.

[17] « Breckenridge W.I. », The Equity, 23 mars 1966.

[18] Archives du Pontiac, History of Wyman W.I., 1913-1996, manuscrit dactylographié, s. d.

[19] Archives du Pontiac, History of Wyman W.I., 1913-1996, manuscrit dactylographié, s. d.

[120] « Quyon W.I. », The Equity, 21 mars 1973; « Quyon W.I., The Equity, 16 mai 1973.

[21] Ruth Woolsey, « Quyon Women’s Institute », The Equity, 22 septembre 1976.

[22] Ruth Woolsey, « Quyon W. I. », The Equity, 20 octobre 1976.

[23] Pam Komm, « Quyon W.I. », The Equity, 21 mars 1979.

[24] Robert Wills, « Pontiac Women’s Institute focus on industry and the environment », The Equity, 28 février 1990; Paul McGee, « Women’s Institute supports ban on BST », The Equity, 29 avril 1995; « W.I. takes up fight against growth hormone », The West-Quebec Post, 15 mai 1998.

[25] «WI will help fund statue of Albert’s famous five women », The Equity, 2 décembre 1998.

[26] Voir QWI Pionneers, 1911-1981 (Quebec Women’s Institute, 1981).

[27] « Mrs Muriel Bronson », The Equity, décembre 1983.