Été
Bercée entre les rivières et les collines

L’engagement chez les jeunes: histoire des groupes jeunesses

par Maude-Emmanuelle Lambert
2016

 

Au cours de son histoire, la municipalité de Pontiac a vu plusieurs groupes ou associations jeunesse se déployer sur son territoire. Ayant à cœur le bien-être et le développement de leur communauté, ces groupes ont évolué au sein de différents mouvements jeunesse locaux, provinciaux, voire nationaux.

 

Les Scouts et les Guides

Le mouvement Scout est créé en 1907 par Robert Stephenson Smyth Baden Powell (BP). Ancien militaire, il souhaite « transformer l’art d’apprendre aux hommes à faire la guerre, en l’art d’apprendre aux jeunes à faire la paix ». Dans les années 1950, Quyon compte une meute de louveteaux (niveau primaire) et un groupe de Scouts (niveau secondaire), fusionné en 1951 avec un groupe de Wyman qui s’est retrouvé sans parents bénévoles. En 1953, on recense 11 000 jeunes dans le mouvement scout, regroupés dans 200 groupes ou meutes. La troupe de 19 louveteaux de Quyon est alors dirigée par Edmond Perriard, assisté de Raymond Chevrier. Quant au groupe de Scouts, il compte une trentaine de jeunes, en plus de quelques Éclaireurs. Celui-ci est dirigé par Ed. Moses, assisté de Laurie MacKechnie[1].

Les scouts de Quyon prennent part aux grands rassemblements régionaux et provinciaux. En 1957, la troupe de Shawville est l’hôte d’un grand rassemblement provincial d’Éclaireurs regroupant toutes les troupes du Québec et celles de l’Est ontarien[2]. Un banquet père et fils est organisé annuellement à Quyon afin de célébrer la fin de l’année d’activités. À celui de juin 1953, 100 invités sont présents, dont le maire de Quyon, J. P. Daley et le révérend H. G. Lester. Ces derniers prononcent des discours sur l’importance du plein air et de la formation à la citoyenneté chez les jeunes. Quant au révérend J. A. Austin, il rappelle les Dix commandements sur lesquels les lois du scoutisme sont fondées[3].

Soixante ans plus tard, si la religion n’est plus présente dans le mouvement scout, celle de faire des jeunes des citoyens responsables et engagés dans leur communauté l’est toujours. L’action et le plein air demeurent au cœur du mouvement. En 1995, Quyon comptait vingt-huit louveteaux, ours et scouts, tous membres de la 1st Quyon Scout Troop. Un article dans l’Equity nous apprend que lors d’une sortie au Camp des Voyageurs Tim Hortons, par une température de –40, les jeunes en profitent pour glisser et s’exercer à utiliser une boussole. Dirigée par Jacques Boucher, la troupe prévoit se rendre à un Camp Scout à Otter Lake le mois suivant[4]. Aujourd’hui, les jeunes de la municipalité de Pontiac se sont joints à la troupe des Scouts Saint-Paul d’Aylmer[5].

 

Le Calf Club et les 4-H

Au début des années 1960, un « Calf Club » est présent à Quyon. Ce groupe s’adresse aux jeunes hommes et jeunes filles âgées de 10 à 21 ans qui s’intéressent à l’agriculture, et dans ce cas-ci, à l’élevage des bovins. Ce groupe fait partie d’une organisation plus grande, les Junior Farmers Clubs du comté de Pontiac et est chapeauté par le ministère de l’Agriculture et de la colonisation du Québec.

À Shawville, on trouve un autre Calf Club ainsi que le Pontiac Steer Feeding à Shawville. Les autres Junior Farmers Clubs de la région sont le Calumet Island Grain Club, le Pontiac Forestry Club et l’Allumette Island Grain Club. Des foires scolaires sont aussi organisées dans les écoles de Quyon, encouragées et appuyées par les membres des Women’s Institutes[6].

En 1962, Austin Clarke est président du Quyon Calf Club et en 1969, c’est au tour de Ron MacKechnie de Wyman de prendre la tête de l’organisation[7]. Après 1970, on ne trouve plus de mentions de ce groupe qui semble s’être reconverti en Club 4-H, comme bien d’autres clubs de jeunes agriculteurs à l’époque. D’ailleurs, lors de la présence d’un groupe de Pontiac à une exposition 4-H d’Ottawa, on mentionne que l’une des vaches en compétition a remporté le trophée Austin-Clarke (du nom d’un ancien président du Quyon Calf Club) lors du « Grand Champion Dairy calf at Quyon 4-H show »[8].

Les clubs 4-H ont d’abord vu le jour aux États-Unis au début du XXe siècle, puis se sont popularisés dans les provinces des Prairies. Au Québec, ils ont été fondés en 1942 par l’Association forestière québécoise (AFQ)[9]. Ils ont pour mission de diffuser les connaissances sur la nature en général et d’intéresser les jeunes à la protection et la conservation des ressources naturelles. Certains des jeunes de la municipalité et membres du Pontiac Hereford 4-H Club prennent part aux compétitions de la foire de Shawville, de celle de Quyon (qui cesse d’exister en 2001) et de celle d’Ottawa (Ottawa Ex). Pendant les années 1970 et 1980, un banquet annuel vient récompenser, par différents prix, les efforts et les exploits des jeunes[10] . Des sorties sur des fermes sont également organisées, comme à l’été 1979 où les jeunes sont invités à la ferme McKibbon de Beechgrove à assister aux marquages des oreilles d’un veau[11]. En 2003, le club de Pontiac est l’hôte pendant une semaine d’un club de 4-H du nord de Vancouver[12].

 

 

[1] « Quyon Boy Scout and Wolf Cubs Meets », The Equity, 13 décembre 1953.

[2] « Shawville Rover Crew Hosts Ninth Annual Quebec Moot», The Equity, 29 août 1957.

[3] « Father-son banquet », The Equity, 2 juillet 1953.

[4] « Frosty Day at Tim’s », 8 février 1995.

[5] Voir le site internet des Scout St-Paul.

[6] Archives du Pontiac, Lettre de l’agronome D. MacMillan à Arthur Labelle, secrétaire trésorier du comté de Pontiac, 8 octobre 1969.

[7] Ibid. “Austin Clarke elected president of Quyon Calf Club,” The Equity, 5 avril 1962.

[8] The Equity, 9 décembre 1970.

[9] Pour davantage d’information sur l’histoire des clubs 4-H, consulter le site internet des Clubs 4-H du Québec.

[10] Debbie Morrison, « 4-H Banquet and awards night », The Equity, 8 mars 1979.

[11] « 4-H Hereford Club », The Equity, 1er août 1979.

[12] Paul McGee, « BC 4-H Exchange Kids find Pontiac “flatlands”», The Equity, 9 juillet 2003.