Été
Bercée entre les rivières et les collines

Engagement citoyen et vie communautaire

 par Maude-Emmanuelle Lambert
2016

 

Une municipalité engagée

Comme ailleurs au Québec, les premières préoccupations des citoyens ont d’abord été orientées vers les communications, et plus particulièrement le développement des chemins, des rues et leur entretien, comme en témoigne le compte-rendu des premières réunions des conseils des villages qui formeront la future Municipalité de Pontiac. Néanmoins, l’une des formes d’engagement citoyen les plus anciennes au sein de la municipalité se trouve à l’échelle du sport. Dans la municipalité de Pontiac, et plus particulièrement dans le village de Quyon, le sport organisé remonte au tournant du XXᵉ siècle, avec la création d’une première équipe de hockey, active à tout le moins depuis 1902.

Dans les années 1910, plusieurs groupes d’Instituts féminins (Women’s Institutes) se forment à Pontiac, d’abord à Wyman (1913), puis à Beechgrove, Eardley, Breckenridge et Quyon. Très présentes dans les écoles où elles encouragent l’enseignement des notions d’agriculture aux enfants, elles sont aussi des incontournables des foires agricoles de la région. Formée en 1919, par un groupe de citoyens, la Pontiac Agricultural Society, C Division, coordonne pendant 80 ans l’organisation de celle de Quyon. Tenue pour la première fois les 7 et 8 septembre 1920, la « Quyon Fair » était l’un des événements les plus courus de toute la vallée de l’Outaouais.

La formation d’un tissu villageois plus dense à Quyon voit le développement d’un service d’incendie rudimentaire vers la fin des années 1930. Un important incendie au début des années 1950, qui détruit une partie importante du village, amène les citoyens à demander l’achat de nouveaux équipements et la formation d’une brigade supplémentaire de pompiers volontaires. Longtemps desservie par les pompiers d’Aylmer, Eardley semble se doter d’un service d’incendie seulement dans le milieu des années 1980. C’est l’établissement de nouveaux résidents dans le secteur Breckenridge qui conditionne la construction d’une nouvelle caserne dans ce secteur en 1995.

Différentes organisations de soutien à la communauté voient le jour dans les années 1950 et 1960. En 1956, un groupe de sept anciens combattants mettent sur pied la filiale 231 de la Légion canadienne. Un club de service, le Club Lions est créé en 1967, et en 1983, sa filiale féminine, les Lionettes, reçoit sa charte. Depuis, ces groupes de citoyens ont joué un rôle majeur dans l’organisation d’activités sportives et de loisirs chez les jeunes, dans le soutien à différentes causes et groupes par des campagnes de financement et dans la vie sociale et culturelle de la communauté (coordination du carnaval d’hiver, défilés, soupers communautaires, soirées dansantes, etc.).

L’engagement chez les jeunes s’est quant à lui matérialisé par le biais du mouvement scout, dont la présence dans la municipalité remonte au moins à la fin des années 1950. On retrouve également un Calf Club dans les années 1960, plus tard devenu un club 4-H. À l’heure actuelle, deux groupes de citoyens travaillent de concert avec la municipalité afin d’offrir des activités aux jeunes, soit le Quyon C Kidz Can et Groupe Action Jeunesse Luskville. Ce dernier est d’ailleurs l’organisateur du carnaval d’hiver, événement qui se tient dans la municipalité depuis les années 1950.

Le cercle socio-culturel de Luskville tient différentes activités sociales et d’entraide depuis au moins le début des années 1980. Mise sur pied en 1995, la Maison de la famille offre un lieu de rencontre, d’échanges et des activités éducatives pour petits et grands.

 

Les salles communautaires et bibliothèques

Le salon d’une dame des Instituts féminins, la grange d’un voisin, l’hôtel de ville, voire l’école et l’église du village ont longtemps fait office de salles communautaires. C’est au début des années 1970 que les différents hameaux et villages qui composent aujourd’hui la Municipalité de Pontiac font l’acquisition d’édifices ou construisent des salles accueillant différentes activités de loisir et de sociabilité. L’école modèle d’Onslow (aujourd’hui la salle Bert Kennedy) est rénovée par la municipalité et mise à la disposition (à partir de 1976), de différentes groupes dont le Women’s Institute de Quyon et le Quyon Senior Citizen Club. La salle des Lions (aussi appelée « Beach Barn ») est quant à elle louée par la municipalité aux Lions depuis 1972 qui en assurent l’entretien et l’ouvrent aux différents groupes qui en ont besoin pour la tenue d’événements et d’activité de loisir. La Légion canadienne possède ses propres locaux sur la rue John, depuis le début des années 1960.

La salle communautaire de Luskville est inaugurée le 9 février 1980. Si cette salle porte aujourd’hui le nom de Marcel Lavigne, le maire en poste au moment de la finalisation du projet, celui-ci prend forme sous l’administration de William Burke, premier maire de la Municipalité de Pontiac (1975-1979) et auparavant maire du village de Quyon (1959-1975)[1]. La bibliothèque est inaugurée quelques années plus tard, le 11 juin 1989, par le maire Lavigne et le député de Pontiac, Robert Middlemiss[2]. La bibliothèque de Quyon, pour sa part, change plusieurs fois d’adresse. D’abord située en face de l’école Sainte-Marie (dans les locaux utilisés aujourd’hui par les employés municipaux), elle déménage temporairement dans l’ancien couvent des sœurs de Sainte-Marie, avant d’être accueillie dans le nouvel édifice de la rue John en 1999. Une salle communautaire est également aménagée à la nouvelle caserne de Breckenridge depuis son ouverture en 1996.

 

Autres lieux de loisir et de sociabilité

Les parcs de loisirs, dont le parc de Luskville et l’ancien terrain d’exposition de la foire agricole de Quyon sont au cœur de la sociabilité sportive et communautaire. Non seulement ces parcs accueillent les compétitions sportives, amicales et les séances d’apprentissage d’un sport pour les plus jeunes, mais ils sont souvent des lieux de rassemblement de la communauté lors de différents événements à saveurs culturelle, sociale ou musicale. Les carnavals d’hiver, les journées communautaires et le Jamfest se tiennent dans ces parcs au gré des saisons.

 

 

 



[1] Shirley Archambault, « Luskville Leader », The Equity, 3 janvier 1980; « Luskville community centre officially opened », The Equity, 9 février 1980.

[2] Denise Belec, « Luskville inaugure sa nouvelle bibliothèque », The Equity, 14 juin 1989.